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Mercredi 28 février 2007

 Dès 1918, les eifférents Etats belligérants, ont cherché à éviter les risques d'une nouvelle guerre. Pour cela, ils ont pensé que s'unir au sein d'une même organisation serait une solution unique. Est née la Société des Nations. Mais, pour des raisons historiques sur lesquelles nous ne reviendrons pas, cette organisation a échoué dans sa mission de lutte pour la paix. Versailles et son traité quelque peu inique, l'absence de soutien américain, le contexte mondial économiquement difficile, sont à l'origine de cette déconvenue.

 

 Mais les Etats-Unis, lors de la Seconde Guerre Mondiale, ont saisi l'importance que constituait la paix dans le monde et ont eux-mêmes lâti l'Organisation des Nations-Unies. De son côté, l'Europe a choisi d'aller dans le même sens. Dès 1951, les premiers traités mettant en commun les énergies fondamentales dans la fabrication des armes sont signés. Naît ainsi la CECA... En 1957, 6 Etats font le pari d'une Europe politique et où la Communauté deviendrait telle qu'on serait dans un grand Etat Fédéral. Ce projet n'a jamais vu le jour réellement.

 

 Tenter d'expliquer ces phénomènes nous entraînerait trop loin. Nous nous contenterons d'explique que, nonobstant quelques divergences, l'Europe a pu avancer dans le même sens. Puis, au lieu de l'approfondissement, les dirigeants ont choisi l'élargissement. Sont entrés d'autres pays sur le continent, dont la Grande-Bretagne et l'Espagne.

 

 L'Europe, devenue à partir du traité de Maastricht l'Union Européenne, a su avancer dans un sens unique, progresser et partager ses ressources. Mais aujourd'hui, ce pacte ne tient plus, pour au moins deux raisons.

 

 La première est que l'ensemble des partenaires européens présentent des caractéristiques politiques où les partis anti-libéraux n'ont guère d'influence et relèvent davantage de la social-démocratie que du socialisme absolu. La F!ance n'a pas échappé à ce mouvement global, il suffit d'observer le comportement des deux partis majoritaires au Parlement pour s'en persuader. Mais en France, les partis d'Extrême gauche se manifestent de façon plus visible que dans les autres Etats Européens. Cela est si vrai qu'ils ont réussi à faire échouer en mai 2005 un référendum destiné à faire adopter un projet de Constitution Européenne. Il n'en reste pas moins que l'Europe va dans un sens libéral, et ceux-ci semble créer des discensions internes.

 

 La deuxième tient à la différence idéologique des Etats qui composent cette Union. Charles de Gaulle, qui n'est certes pas un modèle en terme d'europhilie, a pourtant toujours lutté contre l'entrée de la Grande-Bretagne dans l'Union. Sa crainte était que les Britaniques prennent les bons aspects de l'Europe et en rejettent les inconvénients. Quoique sa crainte se soit avérée vraie, mais dans une moindre mesure, l'entrée de la Grande-Bretagne a marqué le début de l'entrée de l'esprit libéral, américain. Cependant, tant que cet Etat était isolé dans ses conceptions, cela ne posait pas de problèmes. Mais avec l'arrivée de 10 nouveaux Etats, marqués par un demi-siècle de "communisme", et donc attirés par le modèle libéral américain, leur poids est devenu considérable.

 

 Quant aux dix pays récemment intégrés à l'Union, leur conception de l'économie n'est pas une alternative au modèle américain, mais une utilisation de l'Europe et des Etats-Unis pour leur développement économique. Ils profitent des faiblesses de l'Europe, comme l'absence d'harmonie fiscale...

 

 Ainsi, comment résumer l'état de l'Europe aujourd'hui? Un ensemble ge 25 Etats, extrêmement différents les uns des autres: certains veulent la primauté catholique; d'autres le libéralisme américain; d'autres le fédéralisme et d'autres l'élargissement... Et comme si cette cacophonie n'était pas suffisante, certains, dont les Britaniques, voudraient voir la Turquie entrer en Europe. Cet Etat n'a pourtant rien d'européen: ni la civilisation, ni la culture. Car il faut dépasser ce que nous montrent les autorités Turques: Istambul est probablement occidentalisée, mais ce n'est pas le cas de la majorité de la Turquie. Ainsi, non seulement personne ne s'entend dans ce qui existe,mais au lieu d'approfondir ce q% est créé, veulent poursuivre leur élargissement! Ils sont prêts à tout pour y parvenir, acceptant même de maintenir certaines mesures de rabais de "l'impôt" dû par les Etats, au profit des britanniques. Ils acceptent que certains aient l'Euro comme monnaie; d'autres, et non ceux qui ne le peuvent pas mais même ceux qui ne le veulent pas, peuvent s'en affranchir.

 

 Si on ajoute à cela le problème linguistique incontournable entre les peuples d'Europe, on s'aperçoit vite que le projet n'est pas tenable. Le projet de Constitution ne résolvait pas les problèmes, il avait deux défauts. Le premier était de chercher un compromis tel que le texte se contredisait et pouvait dire une chose puis son contraire 15 articles plus loin. Le deuxième est qu'il intégrait des dispositions économiques, dans un texte rigide. Or, une Constitution est faite pour être durable; des principes économiques ne le sent pas. La Vème République a résisté presque 50 ans; l'économie a évolué de manière fulgurante dans la même période. Ce texte est donc, à notre sens, inacceptable.

 

 Dès lors, sans Constitution, avec des Etats si nombreux et si divergeants que la prise de décision à l'unanimité n'est plus possible, certains Etats qui ont une monnaie, d'autres non, et par choix, l'Europe ne peut rien apporter de bon. Il suffit d'ailleurs d'observer ses effets: qu'y'a-t-il de commun aujourd'hui en Europe hormis environ cinq aspects tels l'Université, la monnaie (dans 13 Etats), l'agriculture? Par contre, la concurrence est libre, le dumping social favorisé, et le service public national détruit. Prenons un seul exemple. Les services des renseignements téléphoniques devaient s'ouvrir à laconcurrence. Car, comme chacun sait, laconcurrence permetune lutte desprix, orientés à la baisse, favorisant le consommateur. Dans ces conditions, ilfaut imposer la libéralisation aux Etats. La France s'y soumet. Le traditionnel 12 ferme ses portes en avril 2006, il coûtait environ 1 à 2 euros l'appel. Peuaprès sa fermeture, sont nés de microservices, qui innondèrent les médias de publicités si oppressantes qu'elles en devenaientinsupportables. Mais les prix ont-ils baissés? Non, ils ont même augmenté, puisqu'un appel vers ce service coûte environ 2 euros minimum de nos jours.

 

 Sous prétexte de concurrence, on lamine le service public national et les effets préconisés de la Concurrence ne se voient pas. L'Europe confère donc plus de dommages que de profit. Seuls les personnes intégrées à la mondialisation y trouvent leur compte dans le cadre de leurs déplacements transfrontaliers. Mais ils demeurent minoritaires.

 

 Est-ce à dire qu'il faut redéfinir une politique protectionniste et "otartique"? Une telle idée serait déraisonable et en total désaccord avec le mouvement global de régionalisation du monde auquel nul ne peut échapper. Il faut reconstruire une Europe sur des bases plus saines, harmonieuses, cohérentes. Cela implique une dissolution de ce qui existe, au prrofit d'un nouveau traité, sur le modèle du traité de Rome. Ce traité unit les Etats qui vont dans le même sens. La "confédération" ainsi crée ne dépasserait pas 10 ou 15 Etats, et excluerait actuellement le Royaume-Uni, la Pologne, et les pays trop orientés vers le libéralisme et les Etats-Unis, au modèle économique en danger. Une des conditions de l'adhés:nn à l'Europe serait d'avoir l'Euro. Cette monnaie est le symbole le plus fort de l'Union; les Etats ne doivent pas choisir d'y adhérer ou pas. Ils adhèrent ou non au projet. Mais ils doivent, comme l'a fait l'Allemagne avec l'Euro, sacrifier leur souveraineté et leur prestige à l'intérêt général. S'ils n'y sont pas prêts, qu'ils n'adhèrent pas. Ainsi pourrait commencer une réflexion sur des politiques communes: gestion de l'immigration, un service public européen, un libéralisme maîtrisé, une harmonisation fiscale. Cela exclut les pays pauvres, mais il ne faut pas, sous prétexte d'être "généreux", sacrifier un projet qui pourrait réussir. Les différents règlements signés dans cette Union n'auraient pas de dérogations ou de dispenses pour les Etats, sauf pour des motifs réellement valables, et non à cause d'une volonté politique.

 

 Irréalisable? Alors pas d'Europe décisionnaire. Si l'Europe ne sait pas faire aller les Etats dans le même sens, mais détruit les services publics nationaux pour une concurrence effrénée, elle est dangereuse et doit être combattue. L'idée actuelle de l'Europe doit être combattue pour une nouvelle forme d'Union ou une libération des liens qui lient la France avec cet association inique. Mais elle est possible, à condition d'aller progressivement et de ne pas vouloir l'élargissement à tout prix, et de faire coopérer dans le même sens et le même corps décisionnaire les Etats qui veulent aller dans le même sens. Et surtout, tous ceux qui ne veulent pas l'Euro doivent quitter l'UE

 

 Ces commentaires valent également pour les Nations-Unies. Cette organisation cherche la paix, donc le dialogue. Le plus fort doit faire des concessions, en oppoiition à l'état de nature. Mais elle n'a aucun pouvoir, si bien que les Etats-Unis, sans son aval, ont attaqué l'Irak, et ensuite lui ont demandé de l'aide. L'ONU coûte alors un prix élevé, pour des Etats aussi développés que la France, et joue son rôle de manière inégalitaire, selon que l'Etat est puissant ou misérable. Or, cette organisation nous semble non réformable. Dès lors, il faut la quitter et préférer les accords bilatéraux et la régionalisation.

 

 Ces théories relèvent de l'extrême-droite. Elles sont simplistes, certes. Mais la raison nous y fait adhérer. L'Europe large est solide n'est pas possible; seule une Union restreinte peut combler ses divergences et avancer dans la même direction, ayant un poids réel sur le monde. Et elle doit être juste et égalitaire: on doit en accepter ses atouts comme ses contraintes, sans choisir. Cela pourrait diviser le continent, certes. Mais aujourd'hui, l'évolution mondiale a entraîné un nouveau contexte: les pays occidentaux semblent pouvoir éviter la guerre, car ils en ont d'autres plus dangereuses pour l'Occident tout entier à mener. Quant à L'ONU, elle ne joue pas son rôle. Pour l'heure, le problème existe, il manque la solution, jla cherche moi-même.

 

Par Texou - Publié dans : Politique
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