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Dimanche 25 février 2007

 L'Homme est, par définition, un animal social. Ne serait-ce que pour des raisons purement matérielles, l'Hommene peutprétendre se réaliser dans toutes ses potentialités sans la société. Car seul, il doit chercher sa nourriture, la conquérir, et ne peut penser. Du reste, parler et marcher ne sont pas des actes naturels, mais c'est la société qui les enseigne.

 

 L'Homme cherche en effet, en se liant au sein d'une société, à opérer une répartition du travail pour pouvoir satisfaire ses désirs, qui font partie de lui, et afin de se réaliser. Maisau fond, depuis que vHomme existe, du moins celui sapiens sapiens, ye cherche-t-il pasfinalement lebien-être? Ýi on a créé le fer, le feu, l'écriture, l'imrpimerie, l'électricité, n'est-ce pas pour diminuer la difficulté physiquede certaines activités? Cela est bien possible. Reste à savoir si cet objectif est atteint.

 

 D'une certaine manière, il vest, puisque les conditions de vie, en Occident du moins, sont très propices à une dépense physique rationnelle. Pour autant, le temps que nousfait gagner le progrès matériel ne semble pas nous permettre de nous ouvrir à la pensée, mais plutôt à des plaisirs éphémères, qui s'enchaînent. Il en résulte une demande constanth, on veut toujours plus, on ne se satisfait pas de ce qu'on a, on est jaloux... En Occident, il semble bien que ce ne soit pas vépanouissement intellectuel qui soit recherché, à moins qu'on considère que les émissions de "reality show" soient de haut niveau intellectuel.

 

 Mais nous auront le temps de rediscuter de cette problématique. Elle reflète peut-être un autre problème qui, comme la recherche du bien-être, existe depuis les débuts de l'humanité. Ainsi, d'abord ily avait des différences de force physique entre les hommes, puis dans les premières sociétés, et ce jusqu'au XXème siècle, les femmes étaient considérées comme inférieures aux hommes. S'ajoutent à ces deux formes d'inégalités celles entre citoyen (grec ou romain) et esclave, cerf et vilain, patron et ouvrier, simple citoyen et membre de la "nomenklatura" soviétique", et nous en oublions. Il semble donc bien que les sociétés humaines aient été marquées par l'inégalité, depuis fort longtemps. Mais ceci est incompatible avec la recherche du bien-être. Pourtant, pour diminuer son travail physique, on en fait faire à d'autres. Ces autres ont longtemps été considérées comme non hommes, afin de légitimer leur exploitation. Aujourd'hui les choses ont évolué, pourtant les inégalités sont persistantes à tous les niveaux: des sans domiciles fixes aux grands patrons, en passant par les classes dites moyennes, il n'y a guère de points communs.

 

 Enfin, une autre problématique se poseaujourd'hui, et ce depuis la montée de l'individualisme au XIXème siècle: la dialectique entre l'individu et le groupe social. Car certains semblent être exclus, volontairement ou non, du groupe social. Pourquoi? Ce problème ne se posait pas tant que l'individu n'avait pas de place à part entière.

 

 Une réflexion sur ces problèmes est malheureusement d'une complexité immense, et fait appel à des notions philosophiques que nous n'avons pas en notre possession, et qui du reste, pour être très honnêtes, ne nous intéressent guère. Chaque problématique demanderait un ouvrage de cinq cent pages, or ce n'est pas notre objectif. Nous nous contenterons de partir du postulat selon lequel ces états de fait peuvent changer, du moment que les hommes le veulent. Nous partons d'une conception assez laudative et élevée de ce qu'est un individu: être capable de faire des choix rationnels, du moment quil dispose des informations nécessaires. Personne n'échappe à ce modèle. Car si nous yavons pas tous les mêmes capacités intellectuelles, nous avons au moins celles nous permettant de maîtriser le domaine où nous vivons, notre contexte. Ainsi, si un dirigeant a de grandes compétences, c'est aussi qu'on lui demande de répondre à des problématiques d'importance planétaire ou au moins très vastes, même si elles ne concernent que son Etat, ce qui se raréfie de nos jours. Un ouvrier quant à lui a d'autres compétences, qui lui permettent de faire des choix impliquant sa propre vie et son entourage, et s'il n'est pas capable de voir au-delà, au moins peut-il se placer à ce niveau. Si, comme chacun, il recherche son bien être ainsi que celui des siens, il en a les moyens intellectuels. Reste le problème des élections sur lequel nous reviendrons, qui demande à chacun, quelques soient ses capacités, de se placer au niveau de l'intérêt général. Peut-être est-ce plus difficile.

 

 Nous cherchrons ici à décrire une société "idéale". Ce terme n'est pas à confondre avec "utopique". Il ne s'agit pas de préconiser un idéal moral et politique intenable, car cela nous semble utile sur le plan de la pensée, mais inopérant du point de vue rationnel. Or, nous chercherons ici à être strictement rationnels et pragmatiques, mais à trouver des mesures sociales possibles pour que chacun accède à un certain bien-être, même au prix de certains efforts. Comme ce bien-être ne peut se faire sans une cohésion et une cohérdmce sociale aboutie, nous cherchernns aussi comment atteindre cet objectif. Quant à l'effort qu'il faut fournir, certains diront qu'il est incompatible avec le bien-être. Nous répondrons que sans effort, il n'y a pas de vie. Comme le démontrait brillamment Hegel, la vie est la lutte continue de l'Homme essayant de façonner la matière à son image. Donc, une vie sans efforts est inconcevable. Du reste, elle correspond à ce que Freud appellerait une mort psychique, car c'est l'effort qui nous fait désirer le bien-être et nous permet de l'apprécier. Nous ne vivons pas au paradis mais sur Terre, il faut donc domestiquer la nature, pour accéder au bien-.être. Il nous appartiendra donc de concilier les deux éléments: l'effort et le bien-être.

 

 Que le lecteur ne se méprenne pas cependant, il n'y aura aucune mesure spectaculaire exposée ici, mais seulement des solutions, que seul le manque de courage empêche nos dirigeants d'appliquer, pour des raisons égoïstes de pouvoir, nous y reviendrons. Par contre, sans être exceptionnelles, ces propositions constituent un profond changement, au sens où elles rebâtissent une pensée et reconstruisent autre chose à partir de nouvelles fondations. C'est pourquoi il nous semble que, pour mettre ces mesures en pratique, il convient au dirigeant de le faire progressivement, sachant en outre que la modification de certains éléments de la société, de certaines structures, entraîne en douceur des changements par ailleurs. Il ne faut pas chercher à tout réformer en une fois, mais il faut le faire progressivement. Cette idée est d'autant plus importante si le monde poursuit sa marche vers l'interdépendance, avec une régionalisation. Car ces mesures doivent alors rester compatibles a(ec ce que font les autres Etats. Nous nous permettrons au passage d'évoquer certains doutes sur la possibilité réelle de mondialisation. D'abord, le manque de pétrole posera un problème dans nos communications. Ensuite, les conséquences de ce phénomène amèneront peut-être un rejet légitime, qui constituerait un recul peut-être profitable. A vheure où l'on glorifie la mondialisation, nous n'approuvons pas ce processus, car il s'opère de manière désordonnée, si bien qu'il n'y a aucune direction, et que le monde n'est pas une grande société mais une grande jungle. Donc, soit il faut créer une direction supranationale, comme l'a commencé difficilement l'Union Européenne, soit on referme les frontières, pour permettre aux Etats de gouverner leur société, en fonction de leurs citoyens. Reste ensuite à exporter ce modèle, mais plus tard.

 

 Nous nous permettons aussi de préciser que ces mesures s'appliquent d'abord à la France, à son histoire et à ce que nous pensons être la "mentalité nationale". Sans généraliser, il faut bien reconnaître que tout peuple a un caractère national défini, bien que changeant. Ainsi, si face au C.P.E, les Français se sont révoltés vigoureusement, les Allemands n'ont pas été aussi vigoureux, car leur histoire et leur caractère national les pousse davantage à la négociation qu'au conflit. Bien sûr, ce caractère général de la nation ne suppose pas la similitude universelle des individus, pourtant chacun à un peu du caractère de sa nation.

 

 Pour évoluer, il fut agir sur des thèmes que nous qualifierons de régaliens, à savoir que l'Etat doit prendre en charge certains domaines. Ainsi, la sécurité intérieure, l'école, la question sociale, l'économie (nous entendons par là le prélèvement de l'impôt et son usage) qui sont les éléments principaux pouvant influencer une société, doivent être à la charge de l'Etat. De même, il nous semble, contrairement à une idée de plus en plus répandue, que l'Etat a une mission large de service public. Il doit ainsi avoir une instance pour sa défense militaire, pour l'énergie (électricité, nucléaire, et même veau...), le transport et la communication. Ainsi, nous verrons successivement ce que l'on peut faire sur le plan de la l'instruction, de la sécurité intérieure, de la question sociale, de l'économie et du service public, pour que la société puisse laisser l'individu libre tout en se sauvegardant elle-même, et pour que la violence ne soit pas obligatoire pour se faire entendre. Cela suppose une analyse approfondie des phénomènes sociaux observés, afin de les expliquer pour les modifier. C'est cette démarche que nous tenterons le plus possible d'avoir.

 

Par Texou - Publié dans : Politique
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