L'école nous semble être l'un des éléments les plus
importants pour la formation de vindividu, son acceptation de la
société et la survie de celle-ci. Chacun lui donne l'objectif quil
veut: les anglosaxons ont une visée pragmatique de cette notion, la
France en a une visée plus "spirituelle". C'est cette vision que
nous suivrons, car la culture intellectuelle nous semble
importante. Cependant, il ne faut pas contraindre les enfants et les
jeunes, ou du moins il faut le faire raisonnablement. Car en les
contraignant, on n'obtient des résultats désastreux. Il suffit
d'observer deux archétypes de jeunes gens d'aujourd'hui.
Un jeune homme n'aime pas beaucoup l'école, son fonctionnement
et son principe. Mais ses parents sont ambitieux pour leur enfant, et
l'obligent donc à suivre la filière des gens "normaux, intelligents",
celle générale. Car, c'est bien connu, la filière technique est celle
de ceux qui ont échoué. L'enfant, bon gré malgré, finit par avoir son
bacalauréat. Puis, ses parents lui veulent des études longues, seul
moyen réel d'obtenir un haute statut social. Il obtient une license,
et arrivent alors les concours. Mais des milliers d'individus ont le
même parcours que lui, qui, en fin de compte, se retrouve par hasard
face aux concours, univers quil connaît souvent mal. Que ce soit dans
le secteur privé ou public, il y a alors plus de prétendants que de
places disponibles. Alors, il faut sélectionner les étudiants. Si on
avait recours à des critères permettant de déterminer leur aptitude
réelle à exercer le métier quils "convoitent" (ou que leurs parents
veulent pour eux), on en éliminerait, mais il en resterait trop. Or,
on ne peut pas être arbitraire, donc on oblige les étudiants à passer
des épreuves plus difficiles, assurant une sélection. Mais ces
épreuves sont telles que souvent, les gens faits pour le métier ne
peuvent l'exercer, et d'autres ne le pouvant pas obtiennent le
poste.. C'est le cas de l'enseignement. Comme il y a trop d'étudiants,
les concours sont très théoriques, et les professeurs sont davantage
sélectionnés sur une méthodologie formelle et une théorie que sur leur
aptitude effective à enseigner. On constate du coup des
"ratages". L'enseignement n'eit pas la seule voie connaissant cette
crise, mais il représente bien le problème.
Autre cas, un jeune hait l'école, et ses parents, dépassés ou
conscients des envies réelles de leur enfant, acceptent quil n'aille
pas dans la filière générale. Il arrive souvent que, soit le jeune se
décourage car la formation ne correspond pas à ce qu.'il imaginait,
soit il désespère lorsquil arrive à la pratique réelle du métier. Car
il a mal été informé.
Autre paradoxe: on notera que de nombreux étudiants
n'ont pas le concours quils visent et ont bien du mal à
travailler, alors que de nombreux métiers manquent de
main-d'oeuvre. Cet rgument est souvent répété mais jamais exploité, ce
qui lui fait perdre sa substance.
Enfin, dernier paradoxe: l'enfant ayant un bacalauréat
professionnel, celui des "ratés", a suffisamment d'expérience pour travailler et réussir, même sans diplôme élevé. Au contraire, un
étudiant titulaire d'un bacalauréat général, complété de trois années
à l'Université, s'avère souvent dépourvu d'expérience pratique et
désemparé lorsqu'il s'agit de trouver un emploi. Pourtant, il a choisi
la filière intellectuelle! Le lecteur appréciera et jugera l'erreur
commise.
Il répondra alors: "que faire"? Pour être efficace, les
adultes doivent être capables d'enseigner aux enfants leur expérience,
car ils savent plus de choses sur la vie qu'eux, y ayant vécu plus
d'années. Il suffit de faire l'effort nécessaire pour cet
enseignement. Nous ne proposons donc pas une réforme des classes, des
diplômes..., mais une meilleure utilisation. Il convient ainsi qu'en
quatrième, et c'est souvent le cas, l'enfant ait un "fond de
connaissances communes et indispensables" en mathématiques. En
troisième, il doit avoir celles historiques et géographiques qui lui
sont nécessaires, et celles scientifiques utiles. S'il veut
approfondir un domaine qui le passionne, il lui appartient de le
faire, l'école drit lui en donner les moyens, à travers des cours
optionnels. Par contre, la maîtrise de la langue française nous semble
primordiale, et ce dès la sixième. Sans maîtriser un langage soutenu,
un élève entrant au collège doit savoir lire et écrire dans un
orthographe à peu près correct, quil améliorera jusqu'à sa troisième,
ainsi que sa grammaire. Enfin dès l'école primaire, comme le cours
moyen par exemple, il est sndispensable que l'enfant commence à apprendre vusage de l'informatique et une à deux langues
étrangères. C'est à cet âge qu'il est le plus apte à un apprentissage
rapide et efficace, et les structures sont plus adaptées. Sans
maîtriser ces domaines, l'enfant doit les avoir abordés sérieusement
lorsqu'il entre au collège.
Mais précisons ce que nous appelons connaissances historiques,
géographiques et mathématiques de base. Connaître l'histoire, c'est
savoir, au moins partiellement, comment s'est créé son pays, et
l'évolution qui a amené la situation contemporaine. Sans
nécessairement encombrer vesprit de dates, il s'agit de retenir des
périodes, des hommes clés du passé. Il faut par contre dépasser le
cadre national, ca!, par exemple, l'histoire de France ne peut se
comprendre sans celle de l'Europe, et même sans celle du monde. Sans
connaître les détails de vhistoire américaine, africaineou asiatique,
il faut au moins savoir, d'une part ce qui les lie à la France,
d'autre part leu! histoire propre. C'est le seul moyen de les
connaître, de les comprendre. Il en résulte une moindre peur de
l'inconnu, une meilleure réflexion et une plus grande ouverture.
L'étude de la préhistoire nous paraît utile, mais il convient de ne
pas y passer beaucoup de temps, un approfondissement étant toujours
possible. En ce qui concerne la géographie, une bonne connaissance de
nos pays frontaliers noussemble importante. Sans connaître l'ensemble
des départements français etde leurnuméroassocié,peut-être peut-on
savoirles climats dans différents points du pays, comment se répartit la population, les activités et les ressources nationales... Au-delà,
il est aussi important de connaître la situation, les principales
caractéristiques économiques et géographiques des grandes régsons du
monde, notamment des grandes puissances, puisque dans un premier
temps, c'est elles qui dirigent le monde.
Pour les mathématiques, il nous semble qu'il faut connaître
des éléments de base, c'est-à-dire qui peuvent être utiles à
chacun. Ainsi, jusqu'à la troisième, on ne devrait pas entrer dans
des opérations complexes et qui finissent par devenir abstraites. Il
faut rester concret, mais y passer du temps car les connaissances sont
fondamentales. Donc, il faut peut-être alléger les programmes en y
ôtant les éléments trop complexes. La complexité ne doit jamais être
écartée du sens pratique. Seule la troisième peut laisser une
certaine place à des opérations plus complexes, mais qui n'ont pas
pour but de fournir des connaissances de base, mais uniquement de
montrer un autre aspect de la discipline aux élèves, afin qu'il s'y
orientent s'ils sont intéressés. Cela doit donc se faire à la fin de
la troisième, pour faire découvrir des choses plus théoriques et
complexes.
De même pour les matières scientifiques, dont il faut dégager
des usages purement pratiques. Jusqu'à la troisième, c'est d'ailleurs
souvent ce qui est fait en la matière, et nous l'approuvons.
Restent d'autres domaines importants: les cours de français
doivent aussi inviter les enfants à lire la littérature française et étrangère, mais pour y trouver une inspiration sn&listique et un
plaisir de la lecture. Cela exclut, à ce niveau, une analyse trop
précise conduisant à une explication de texte complexe. Ces éléments,
comme les théories mathématiques, ne doivent intervenir qu'en
troisième, et pour les mêmes objectifs.
Enfin, l'école devrait aujourd'hui dispenser un cours
d'éducation civique élargie. Un tel cours doit apprendre aux enfants
à travailler avec l'information qui les entoure, comme celles venant
de la télévision, de la radio ou de l'internet, qu'ils
maîtriseraient. Ils doivent apprendre et savoir en troisième
comprendre l'information, y réfléchir (sans nécessairement dégager des
éléments complexes). L'enseignant alors doit les accompagner, et en
profiter pour les éduquer à leur futur rôle de citoyen.
Pour résumer, dès le C.M.1, l'enfant apprend une à deux
langues et l'informatique. Il arrive en sixième en sachant bien lire
et écrire, n'ayant plus qu'à améliorer son style d'écriture (par la
grammaire) et son orthographe. Progressivement, de la sixième à la
quatrième, il approfondit les bases du français tout en se
divertissant au travers de lectures d'oeuvres littéraires, classiques
et modernes, pour lui ouvrir l'esprit. Parallèlement, il perfectionne
et consolide ses bases mathématiques. C'est en cinquième qu'il
commence l'étude de la biologie, de la physique et de la chimie,
grâce aux bases mathématiques dont il dispose. L'école primaire en
aura déjà fait une introduction sommaire, et basée sur l'expérience sensible. Il en saura les bases complètes au second trimestre de sa
troisième. Il maîtrisera bien vhistoire et la géographie à la fin de
sa troisième. Aumilieu decet enseignement qui semblera léger, il y
aura quelques séances d'éducation physique, permettant à l'élève de
se détendre, mais aussi d'apprendre la vie dans une société, dans
un groupe, et de découvrir des choses.
Il nous semble que le dernier trimestre seulement de lb
troisième doit, en mathématique, sciences humaines et empiriques,
aborder des concepts méthodologiques, théoriques et plus complexes,
participant à l'information des élèves, suscitant leur intérât ou non
pour la discipline. S'ajoutera dans cette période, sout une forme
quelconque, une information approfondie donnée aux élèves concernant
leur avenir: où mènent les filières? quelles sont les perspectives
possibles? les chemins à suivre en fonction de tel désir...?
Nous entendons déjà les critiques, doot nous pensons que deux
principales peuvent apparaître aux yeux du lecteur. D'abord, pourquoi
passer quatre ans pour faire un programme si léger quil se fait en
deux ans? Ensuite, ces mesures ne sont pas nouvelles puisqu'on tente
déjà de les appliquer.
Pour la cohérence du discours, nous répondrons d'abord à la
seconde critique. Lorsque l'on prétend que les mesures mentionnées ici
tentent d'être appliquées, on se trompe. Car on ne cherche pas à
donner des fondamentaux aux enfants mais on va beaucoup plus loin. Il
nous semble que, dans l'état actuel des choses, tout ce qui est fait à partir de la quatrième devient complexe et n'intéresse pas tout le
monde. Il suffit d'écouter les adolescents eux-mêmes, dont même les
plus raisonnables disent souvent: "mais à quoi cela sert-il
concrètement"? Alors, les enseignants essaient désespérément
d'inventer des problèmes de mathématiques concrets pour appliquer les
formules du cours, mais a-t-on les moyens pratiques de passer par de
telles démonstrations mathématiques? L'exception à cette
simplification cencerne la grammaire française, dont les enfants
doivent en maîtriser certains fondements: la nature et fonction d'un
mot ru groupe de mots, le concept de sujet, verbe et les trois ou
quatre subordonnées importantes de notre langue, les fonctions de
l'adjectif... Au-delà de cela, la grammaire devient selon nous plus
théorique qu'utile, il convient de reléguer ces notions à la
troisième, voire à la seconde filière générale. Donc, nous sommes
convaincus qu'on peut retirer des programmes jusqu'au dernier
trimestre de la troisième une grande partie de ce qui est non
fondamental. Cela aura deux bienfaits: d'abord, les élèves prendront
plus de plaisir à faire ce qu'il font car ils en saisiront d'emblée
l'application pratique, or c'est souvent ce qu'ils cherchent à leur
âge. Ensuite, ils auront plus de temps, aequi leur permettra d'avoir
des connaissances plus solidement ancrées, donc plus facilement
utilisables.
Il est vrai que, si l'on réorganise les programmes en essayant
de satisfaire à ces objectifs, sans aller au-delà jusqu'à la fin de la troisième, on aura vimpression d'un allégement considérable. Mais cela
n'est pas un problème: outre un meilleur apprentissage, cela donnera
aux élèves du temps pour faire autre chose en parallèle. L'école peut
d'ailleurs contrôler une part du cadre parallèle avec des cours
optionnels. Ainsi, si, ce dès la quatrième, un éçve trouve que ce qu'il
fait en cours de mathématiques est trop basique, s'il a des facilités
en la matière, il pourra s'inscrire dans un cours où les choses sont
abordées plus théoriquement. Il y prendra du plaisir, puisque
l'enseignement aura été choisi par lui. On peut élargir cela au
sport, au français... Les professeurs auront moins de pression pour
finir le programme fixé, et n'en seront que plus disponibles et
efficaces. Evidemment, ils devront dès lors être pédagogues, et ne pas
vou;oir rester dans la complexité et le cours magistral. Ceux-ci
seront préférés dans les lycées et les Universités.
Une autre critique est possible face à ce modèle: connaissant
les élèves, ils ne viendront plus en cours après l'examen de
troisième, délaissant le dernier trimestre. Pour lutter face à cet
absentéisme fort possible, l'enseignement doit être maintenu
obligatoire, et les évaluations doivent être attentivement prises en
compte dans la demande d'orientation du collégien. Son assiduité
étant un élément de sa réussite future, s'il en manque au dernier
trimestre, il doit être sanctionné dans son orientation, même s'il
faut manier prudemment cet outil.
A la fin de ce premier cycle, vers avril en troisième, les élèves passeraient leur brevet, auquel serait subordonné leur passage
au niveau supérieur. Le brevet sera une synthèse des connaissances
fondamentales acquises jusqu'à ce jour, non au-delà. Il montrera aux
élèves ce qu'est un examen, les enseignants les aidant à s'y préparer
depuis le début de l'année, et vérifiera que les connaissances
fondamentales sont connues. Quand nous parlons de connaissances, nous
incluons la maîtrise parfaite du français, contrôlé par une dictée
réelle, bien différente de celle en quelques lignes proposée
aujourd'hui. Pour ceux ne réussissant pas l'examen, il conviendrait,
selon nous, que ses copies soient renvoyés dans son collège d'origine,
et montrées au professeur qui assurera l'enseignement l'année du
redoublement. Cela permettra à ce dernier d'évaluer les difficultés de
l'élève. Mais nous pensons qu'un tel scenario (le redoublement) sera
assez rare, et doit être rare à ce niveau. Ceci parce que dès l'école
primaire, si l'élève n'a pas le niveau requis, on l'aura fait
redoubler, afin de ne pas laisser des lacunes irréparables. Reste
enfin à espérer que l'allègement du programme laissera aussi aux
enseignants le temps de combler certaines lacunes, qui n'ont pas
compromis le passage de l'élève mais qu'il faut ratraper.
Il nous semble bien que cette démarche seule peut permettre à
chacun d'aller à l'école avec plaisir, car il y apprend les choses
dont il comprend qu'il en a besoin. Par contre, il faut dès lors
exclure tout travail de nuit à quatorze ans, car cela impliquerait une
méconnaissance de certains éléments du programme de quatrième et de troisième, fondamentaux dans notre modèle. Il faut éviter cela. Il
faut dans une telle situation comprendre ce qui ne convient pas à
l'élève, mais l'allègement des programmes laisse plus de temps aux
enseignants pour faire cela.
Car en effet, au risque de nous faire des ennemis, jusqu'au
bacalauréat, les enseignants ne sont pas des prodigueurs de
connaissances. S'ils n'étaient que cela, les livres ou les nouveaux
moyens de communication les remplaceraient aisément. Ils sont bien
plus que cela: ils doivent "éduquer" les enfants à la vie sociale. Ils
doivent faire un suivi personnalssé dans la mesure du possible. Avec
un programme allégé, cela nous semble réalisable. Il faut bien sûr les
dispenser d'enseigner des choses qui ne sont pas forcément utiles.
<
/p>
Bien sûr, à chaque niveau, les enfants pourront faire plus
d'heures de sport avec les cours optionnels, ou d'autres matières
comme le latin, le grec, le dessin, la musique ou la technologie. Ces
trois dernières matières nous semblent n'être utiles que jusqu'à la
sixième, après quoi elles doivent avoir le statut de facultatives. De
toute façon, si les programmes sont revus tels que nous le suggérons,
la physique remplacera dès la cinquième avantageusement la
technologie.
On l'aura donc compris, un emploi du temps obligatoire allégé
au profit d'un facultatif plus divers mais plus souple pour que chacun
suive son intérêt, voilà ce que permet l'allègement des programmes. Mais une troisième remarque survient alors: le temps
gagné, sera-t-il consacré à l'apprentissage qualitatif ou à
l'approfondissement, ou bien les parents ne feront-ils pas faire autre
chose aux enfants? L'école prend ici un nouveau rôle, celui de la
formation des parents, en plus de celle des élèves.
Les parents constituent en effet un sujet complexe dans notre
système éducatif. L'école doit les informer au maximum, dès la sixième
de leur enfant, puis en troisième, il faut fortement insister sur
l'information concernant l'orientation. Une telle information exclut
les stages en entreprises, malheureusement souvent infructueux en
pratique, et exige que les conseillers d'orientation ait davantage de
compétences en matière d'orientation. Au troisième trimestre de la
troisième, ils sont presque des enseignants en éducation. Les parents
auront cet enseignement depuis longtemps, à travers les réunions. Il
faut pratiquer la pédagogie pour éviter de mauvaises orientations
futures, au nom d'ambitions ou de frustrations. L'éducation a aussi ce
rôle et doit réellement informer au maximum parents et élèves.
C'est ainsi qu'en fin de troisième, chacun a les éléments
fondamentaux et a assez d'informations pour savoir ce qu'il veut
approfondir pour plus tard. Il nous semble tout à fait possible que
chacun ait ces connaissances fondamentales, nous ne pouvons comprendre
alors l'échec. Car avec un programme concret, allégé donc laissant
plus de temps pour consolider, un sérieux de l'école qui ne fait pas
passer les enfants s'ils n'ont pas acquis le programme de l'année écoulée, nécessairement l'examen final ne pose pas d'énormes
problèmes, sauf dans certains cas, mais si la formation a bien été
faite depuis le début, les lacunes ou l'accident de cet examen seront
vite effacées. Si malgré cela certains élèves connaissent l'échec, il
faut peut-être adopter un autre type de suivi, plus personnalisé, car
il est clair que dans un tel modèle, tout ce qui est enseigné jusqu'à
la troisième doit absolument être acquis, car tout est
fondamental. C'est en fait à l'enseignant de faire preuve du maximum
de pédagogie pour hisser chacun au même niveau fondamental.
Au surplus, les choses étant moins complexes, l'enseignant
aura moins de difficulté pour préparer ses cours, et pourra davantage
se consacrer à la pédagogie et au suivi presqu'individuel des
élèves. Il aimera faire cela puisqu'il aura été sélectionné pour ses
valeurs de pédagogue et donc en aura de certaines, ou bien s'il n'aime
plus son métier, il ne l'exercera plus et sera reconverti dans une
autre profession, nous y reviendrons.
Il est vrai que nous ne parvenons ici pas à comprendre que
dans un tel système, un échec soit possible. Car une seule situation
d'échec peut se présenter. Si un enfant arrive à un âge avancé en
France et prend les cours au milieu du cycle du collège, il peut
éprouver des manques de connaissances. L'Etat doit créer pour ces
élèves, le plus souvent enfants d'immigrés, une section de ratrapage,
où leur seront enseignées pendant un an des matières aussi importantes
que la langue française, l'histoire et la géographie. Selon le cas, on pourra aussi insérer les enseignements scientifiques, et non plus
seulement culturels. Mais avec les éléments culturels, l'enfant pourra
ratraper son niveau, réintégrer le cycle normal rapidement, car on
suppose qu'il a quelques bases scientifiques (au moins en
mathématiques) acquises dans son pays. Si ce n'est pas le cas, il faut
peut-être prolonger la filière de ratrapage à deux ans, avant de
réintégrer l'enfant dans le cycle commun. Il faut bien admettre que ce
genre de situations est quelque plus problématique, mais nous y
reviendrons.
Evidemment, la réussite des élèves demande de gros efforts de
la part de chacun. De l'élève lui-même tout d'abord, à qui il faut que
l'école enseigne le goût du travail, et la nécessité du travail. Il
faut que l'enfant soit encouragé, parfois contraint mais en comprenant
pourquoi cela est nécessaire, au travail, afin d'obtenir ce minimum
fondamental. Car soyons clairs: l'un des moteurs de ce modèle est
l'apprentissage de la valeur du travail, l'incorporation de l'idée
qu'il n'est pas possible de réussir sans travailler. Efforts de
l'équipe que constitue l'école française enfin. Elle informe et aide
les parents à orienter leurs enfants, les professeurs s'investissent
au maximum au service des enfants pour qu'ils acquièrent les
connaissances, ils font l'effort de rendre la chose intéressante grâce
à la mise au plan concret de ce qu'ils enseignent à ce niveau. Car si
les élèves considèrent que ce qu'ils font est utile, nous ne
comprenons pas pourquoi ils chahuteraient et poseraient des problèmes disciplinaires. Evidemment, cela n'exclut pas que les enseignants
doivent faire un peu la discipline en classe: n'oublions pas que nous
sommes face à des enfants et qu'un monde parfait n'existe pas. Mais
les choses pourront considérablement s'améliorer, nous en sommes
convaincus.
Un autre élément qui renforcera l'impression d'utilité dans
l'esprit des élèves dans ce qu'ils apprennent est l'exemple de leurs
aînés. En effet, c'est en constatant la réussite des plus grands que
les plus jeunes se motiveront. Cette réussite dépend fortement du
choix d'orientation qui, il est vrai, est ici déterminant.
Deux possibilités se présentent à l'élève de troisième: la
filière technique et générale. "L'excès" d'informations relative à
l'orientation aura permis d'au moins amoindrir le clivage et le
jugement de valeur absurde entre les deux filières. Donc, les enfants
choisiront alors en fonction de ce qu'ils ont aimé et appris au
collège leur voie au lycée. Les indécis pourront toujours revenir en
arrière ou utiliser des passerelles, tout dépend de leur capacité de
travail. Il faut pour cela, outre l'amoindrissement du clivage
traditionnel des filières, admettre l'idée que le travail ne commence
pas nécessairement avant vingt-cinq ans au moins. Il appartient alors
à l'Etat d'aider les familles afin qu'elles assument leur enfant
étudiant, mais contrôler que ces aides vont vers une personne qui fait
les efforts pour atteindre un objectif. En acceptant l'idée du travail
tardif, sur laquelle nous reviendrons, nous pourrons permettre à un élève ayant choisi la mauvaise filière de revenir en arrière. Un jeune
en filière technique pourra de surcroît revenir vers une filière
générale, et y être admis puisque il aura les connaissances
fondamentales. Quant à la sUrcharge des classes qui pourraient en
résulter, elles semblent moins problématiques qu'aujourd'hui: d'abord
car avec une meilleure information, on orienterait mieux les élèves et
la répartition entre le secteur général et technique serait plus
équilibrée. Cela donc offrirait une plus grande flexibilité, car les
classes n'étant pas nécessairement surchargées, on peut admettre
l'arrivée d'un élève faisant marche arrière dans son orientation. En
ce qui concerne le collège, la surcharge des classes ne doit pas être
évitée en permettant à chacun de passer au niveau supérieur pour
"faire de la place", mais, même si cela est coûteux, nous y
reviendrons, il faut créer beaucoup de classes. Nous restons
convaincus que le redoublement restera assez exceptionnel.
Chaque filière de lycée a alors ses enseignements en fonction
de ses objectifs. Commençons par la filière générale. La seconde est
une transition: la consolidation des approfondissements du dernier
trimestre de troisième ou des études optionnelles au collège, mais
l'introduction à la méthodologie des études supérieures, auxquelles
prépare le lycée, dont l'aptitude est contrôlée par le facalauréat. En
seconde, tout reste assez général et surtout méthodologique. Il faut
que les élèves ayant choisi la filière générale doivent pouvoir
découvrir dans cette première année ce qui les intéresse: la filière économique, littéraire ou scientifique. Là encore, il faut, et ce dès
le collège, éduquer parents et élèves pour amoindrir le clivage et le
jugement de valeur entre la filière littéraire et
scientifique. Chacune a sa force, dans son domaine. C'est pourquoi la
seconde est peut-être l'année purement scolaire la plus chargée car il
faut tout y découvrir. Mais les élèves sont à un âge où ils sont
capables d'accepter une telle charge de travail. Elle n'est d'ailleurs
pas insupportable, car on approfondira la méthode, plus encore que les
connaissances. Il faudra toutefois maintenir l'enseignement de
connaissances, ne serait-ce que pour entretenir l'exercice que
constitue le fait d'apprendre une leçon. Si l'élève est passé en
seconde correctement, on devrait voir moins de problèmes, notamment
dans la maîtrise du français.
La seconde aura ainsi permis à chacun de savoir là où il est
le plus à l'aise. Son orientation doit conditionner les exigences
finales des enseignants. S'il souhaite une orientation en domaine
scientifique, la maîtrise de l'analyse littéraire et ses résultats en
français ont peu d'importance. Ceci car le français en seconde dépasse
de loin le cadre fondamental, et n'est pas nécessairement utile, donc
on peut s'en passer si on ne veut pas embrasser une filière
littéraire. De même pour les autres orientations. Ainsi, le français,
les mathématiques, la physique, la chimie, l'histoire, la géographie,
les langues, l'économie et le droit pourront être enseignées. Selon
nous, l'informatique à ce niveau n'est plus nécessaire, les bases étant maîtrisées. S'il doit être apprhmondi, il pourra être incorporé
à une autre matière scientifique. Par contre, contrairement à ce que
pensent les élèves scientifiques, il faut maintenir l'enseignement des
langues, utile quelque soit la section. Mais l'abord ne sera pas sous
le même angle selon la filière, nous y reviendrons. Il faut enfin
maintenir l'éducation physique pour les mêmes raisons.
Arrive ensuite les deux années que l'on appellera de
spécialisation. C'est là qu'il faut séparer les filières. Aujourd'hui,
les choses se rapprochent de ce système. Il faudrait ainsi enseigner
aux scientifiques des disciplines à caractère scientifique et des
langues. Ces disciplines leur seront forcément utiles. Reste à savoir
s'il faut inclure dans les disciplines les sciences humaines comme la
géographie et l'histoire. Cela n'est pas indispensable, mais nous ne
devons pas l'exclure. Pourquoi ne pas enseigner l'histoire des
sciences, afin de combler le fossé souvent trop important entre le
lycée et l'Université? Reste la question de la philosophie, qu'il nous
semble important de maintenir en l'état actuel, car elle permet aux
scientifiques une plus grande flexibilité de l'esprit, et une culture
générale importante pour leur avenir.
Quant aux élèves ayant choisi la filière littéraire, ils
n'auraient aucun enseignement scientifique, qui serait inutile,
puisque les fondamentaux de la physique et des mathématiques auront
été connus au collège. En revanche, outre les matières traditionnelles
obligatoires et celles optionnelles comme les langues anciennes, les élèves de cette section devraient avoir l'occasion de beaucoup
approfondir leur méthodologie, en particulier dans des exercices comme
la dissertation ou le commentaire de texte sous toutes ses formes. Sl
faut bien reconnaître aujourd'hui que les étudiants se présentant à
des concours demandant ces exercices font souvent de lourdes
maladresses purement méthodologiques. Ceci s'explique par le fait que
ces domaines sont guère abordés au lycée, ce qui est
récent. L'Université n'ayant pas suivi ce mouvement ne dispense pas
non plus de telles méthodologies, et les étudiants n'acquièrent jamais
la notion. On constate aujourd'hui dans les statistique que, pour les
concours de l'enseignement, ceux qui ont le plus de chance de réussir
dès la première tentative sont les élèves des classes
préparatoires. Outre le fait que de telles classes donnent des bases
de travail solides, il nous semble surtout que cet enseignement, à
travers de multiples entraînements, permet réellement aux élèves
d'acquérir ces éléments méthodologiques, si bien que l'étudiant se
trouve face à un sujet en mesure de répondre, en déroulant une
mécanique issue de la méthode. Enfin, les matières scientifiques étant
supprimées, il y aurait du temps pour assurer ces cours de
méthodologie, mais aussi pour assurer des cours de philosophies. Il
nous paraît en effet absurde d'oser attribuer un coefficient si élevé
à cette épreuve au bacalauréat, sachant que les élèves ne l'ont
découverte que depuis un an. Deux ans nous paraissent utiles. En tout
état de cause, mais nous y sommes moins vigoureusement attachés, nous suggérons de réduire le coefficient de cette matière qui,
quoiqu'importante, nous semble avoir une place démesuée dans notre
système scolaire. Un coefficient 5 suffirait peut-être.
Enfin, les élèves de la filière économique devraient avoir
l'enseignement de l'économie et de divers droits qui paraissent
importants, ou tout au moins d'une introduction au droit privé (celui
des affaires, du commerce... par exemple). Outre ces deux disciplines
majeures, il faudrait dispenser aux élèves de l'histoire et de la
géographie, car ces deux notions ont une influence directe sur
l'économie.
Reste le problème de l'éducation physique, qui nous semble
devoir être maintenue. Par ailleurs, l'éducation civique ne nous
semble nécessaire que jusqu'en première. Il est absolument essentiel
de la supprimer en terminale, car il s'agit là d'une perte de
temps. Si on s'y refuse, il faut approfondir certaines notions
importantes et créer une épreuve au bacalauréat. Cela éviterait le
mépris de la matière et l'absentéisme.
Autre cas: ce que nous appelons de nos jours les travaux
personnels encadrés ne devraient pas être supprimés, mais il faudrait
faire ces cours avec une optique différente. Il nous semble
intéressant que, en première, voire en terminale, ou ou deux élèves
(au maximum) puissent choisir un professeur directeur de mémoire,
définir un sujet (en rapport avec leur programme), et soutenir leur
travail. L'aspect binome du groupe est essentiel, car au-delà, on sait bien que tous les élèves n'en tirent pas le profit attendu. D'où la
nécessité que tous les enseignants s'impliquent dans le projet, car
être directeur de mémoire, même au lycée où il faut plus diriger les
élèves, ne demande pas un travail considérable, la majeure partie du
travail appartenant à l'élève. Il faut seulement que le professeur le
guide davantage./p>
Reste le problème de l'éducation physique, qui nous semble
devoir être maintenue. Par ailleurs, l'éducation civique ne nous
semble nécessaire que jusqu'en première. Il est absolument essentiel
de la supprimer en terminale, car il s'agit là d'une perte de
temps. Si on s'y refuse, il faut approfondir certaines notions
importantes et créer une épreuve au bacalauréat. Cela éviterait le
mépris de la matière et l'absentéisme.
Autre cas: ce que nous appelons de nos jours les travaux
personnels encadrés ne devraient pas être supprimés, mais il faudrait
f
Au terme de ces trois ans, les éçves passent leur examen dans
l'option et la filière choisies. Nous croyons que le désir d'obtenir
80% de réussite au bacalauréat de la part des dirigeants est
absolument insensé. Non seulement on voit bien que, malgré ces
excellents chiffres, le niveau à l'Université baisse, mais en l'état
actuel de notre système, ce chiffre est illusoire. En effet, faire
passer les élèves qui n'ont pourtant pas toutes les bases donne des
résultats dramatiques. Quant à la simplicité de l'examen, elle ne tient pas au sujet mais plutôt aux conditions de correction. Le
recteur de l'Académie de Paris expliquait en effet en 2006, au chiffre
de 86% de réussite à l'examen dans son académie, qu'il avait lui-même
choisi les sujets, et qu'ils n'étaient pas faciles. Nous l'admettons,
cependant les conditions de correction (commissions d'harmonisation,
barèmes imposés...) dénaturent l'épreuve./p>
Reste le problème de l'éducation physique, qui nous semble
devoir être maintenue. Par ailleurs, l'éducation civique ne nous
semble nécessaire que jusqu'en première. Il est absolument essentiel
de la supprimer en terminale, car il s'agit là d'une perte de
temps. Si on s'y refuse, il faut approfondir certaines notions
importantes et créer une épreuve au bacalauréat. Cela éviterait le
mépris de la matière et l'absentéisme.
Reste le problème de l'éducation physique, qui nous semble
devoir être maintenue. Par ailleurs, l'éducation civique ne nous
semble nécessaire que jusqu'en première. Il est absolument essentiel
de la supprimer en terminale, car il s'agit là d'une perte de
temps. Si on s'y refuse, il faut approfondir certaines notions
importantes et créer une épreuve au bacalauréat. Cela éviterait le
mépris de la matière et l'absentéisme.
Les sujets eux-mêmes, comme tout l'enseignement, doit aussi
être revus dans certains cas, en particulier pour les langues. Notre
système en la matière ne semble pas efficace, et il faudrait pourtant
qu'il le soit. Ainsi, surtout pour les filières non littéraires, on pourrait envisager un vocabulaire davantage pratique et non
descriptif, théorique... Car de nombreux élèves en terminale savent
parler d'un texte mais ne peuvent se faire comprendre dans le pays
étranger. Cela met en relief les faiblesses du système. D'autres
éléments appellent une réflexion, nous ne feront que soulever le
problème ici.
En résumé, notre système du collège à la voie du général ne
réussissent qu'aux bons élèves, ce qui dépend de leurs capacités
intellectuelles mais aussi, et surtout, de leur environnement. L'école
devant assurer l'égalité des chances ne peut accepter cet état de
fait et se doit de remédier à cela, afin que chacun trouve sa
place. Notre système espère le permettre.
Pour les sections dites professionnelles, leur enseignement
nous semble respectable, dans le sens où il mêle pratique, théorie sur
le métier choisi par l'adolescent, ainsi que d'autres matières
importantes pour l'enrichissement intellectuel. Cette filière souffre
surtout de sa réputation, qu'elle doit s'employer à changer. Il faut,
depuis le collège, expliquer que cette filière n'est pas aussi
mauvaise que l'on dit. Elle mène à des métiers difficiles, où les
conditions de travail sont peu enviables, mais qui demandent de la
main-d'oeuvre. Donc, elle constitue une place dans la société. Il faut
faire accepter aux jeunes certaines contraintes de tels métiers, au
travers d'une bonne éducation. Naturellement, cela ne pourra se faire
qu'à partir du moment où il a accepté d'embrasser cette formation.
Après le bacalauréat, c'est un nouveau monde qui
commence. Mais il n'échappe pas à la crise du système scolaire. Mais
ses caractères sont beaucoup plus complexes. Aussi paradoxal que cela
puisse paraître, il nous semble que c'est ici que doit s'opérer une
barrière plus importante que ce qui est fait actuellement. Nous
cherchons plutôt à mélanger les élèves, assurer une flexibilité
maximale. Cela ne nous semble pas judicieux.. Ainsi, nous irions
jusqu'à réserver les études comme le BTS ou les IUT, en priorité aux
élèves des sections technologiques ou professionnelles. Car ces études
sont faites pour être courtes, or les jeunes des bacalauréats
professionnels espèrent terminer rapidement leurs études, donc, ces
filières leur sont réservées. Les meilleurs élèves de la filière
générale partiraient, comme c'est le cas aujourd'hui, dans les classes
préparatoires appartenant à leur section.
Nous nous interrompons ici pour répondre d'emblée à une
critique. En supprimant les matières littéraires comme on le fait
dans les classes scientifiques ou économiques, comment peuvent-ils
espérer une hypokhâgne? Or, étant donné la polivalence de certains, il
est regrettable de les en priver. Nous sommes en accord avec ceci,
mais nous ne voyons pas très bien comment les méthodes aujourd'hui
utilisées dans ces filières permettent davantage aux élèves de rallier
l'hypokhâgne. Car les méthodes de dissertation littéraire,
d'histoire... ne sont pas connus de ces élèves, donc rien ne
changerait. D'autre part, nous considérons que les jeunes, en première, doivent se responsabiliser, et faire des choix. En cas
d'erreur, un deuxième bacalauréat dans une autre filière est toujours
possible, leur permettant d'acquérir les méthodes spécifiques à cette
section. Ici de nouveau, il ne faut pas mystifier le bacalauréat à
dix-huit ans.
D'autres élèves peuvent privilégier les Instituts d'Etudes
Politiques. Ces écoles, publiques mais dont le fonctionnement reste
autonome, n'ont pas aujourd'hui de classes préparatoires à leurs
concours. Pourquoi les classes existantes, et ce quelque soit la
section, ne proposeraient-elles pas une voie pour préparer les
étudiants à ces concours? Cela éviterait le passage par des écoles
privées qui présentent l'inconvénient d'être chères, non accessibles à
tous, donc "discrimitatoires". Il nous semble ennuyeux d'opérer un
premier tri dès la préparation, à cause de l'argent. Les hypokhâgnes
proposent déjà de telles options, mais leur objectif principal et
clairement affiché reste l'Ecole Normal Supérieur. Nous pensons que
des classes préparatoires publiques devraient permettre de se préparer
à ces concours, laissant les classes traditionnelles à leur
préparation à l'Ecole Normale Supérieure, et assumant une préparation
plus intensive aux Instituts d'Etudes Politiques. Cela permettra à
chacun de se préparer à ce qu'il veut et de tenter une réussite. En
revanche, nous ne croyons pas qu'il faille réformer la préparation aux
écoles de commerce, la khâgne y formant du fait de la similitude des
programmes entre ces écoles et l'E.N.S. Reste, pour donner corps aux classes préparatoires aux Instituts d'Etudes Politiques, à préparer à
tous les concours et pour chaque institut.
Certains objecterons que le financement de tels projets est
impossible. Mais nous pensons que la création d'une classe spécifique
à ces instituts ne nécessite pas nécessairement de gros moyens
supplémentaires, mais plutôt l'extension des moyens déjà
existants. Reste à réserver à certains professeurs l'enseignement en
khâgne et la préparation à l'E.N.S., et à d'autres les cours en
hypokhâgne et cette préparation, sur deux ans maximum. Par contre, de
telles filières ne pourront aussi aisément se voir accorder des
équivalences avec l'Université, car les méthodes sont trop
différentes. Peut-être pourrions-nous toutefois en établir une avec
l'Université de Droit, car en réalité, la méthodologie est proche,
quoique touchant des domaines différents.
Nous avons ainsi considéré les élites et les élèves destinés
aux métiers manuels. Mais ils ne sont pas majoritaires, quoiqu'ils
seront plus nombreux qu'aujourd'hui, nous l'espérons, grâce à une
meilleure information, donc à un rejet moindre de cette filière. En
fait, une grande partie des étudiants aujourd'hui débouchent sur
l'Université. C'est peut-être ici que la réforme la plus spectaculaire
doit se faire, surtout en terme de réputation et d'idée que l'on s'en
fait. En effet, elles doivent faire face à une massification de leurs
effectifs. Pourtant, à bien y réfléchir, la plupart du temps, elles
n'offrent qu'un débouché sur l'enseignement et la recherche, et rarement sur autre chose. Mais elles doivent tenter de proposer autre
chose face à une demande toujours croissante, mais n'en a pas les
moyens. Aujourd'hui, on observe une manière de décalage entre les
objectifs originels des Universités et la façon d'y arriver, et ce
qu'on lui demande. Il nous faut bien reconnaître qu'une baisse de
l'efficacité en découle.
C'est pourquoi, au risque de déplaire à certains, nous
aimerions que l'Université revienne à sa fonction traditionnelle, et
s'y consacre entièrement, puisque c'est ce qu'elle fait de
mieux. Cette fonction, c'est la préparation à l'enseignement et à la
recherche. Reste l'exception des Universités de Droit, qui par la
nature de la discipline qu'elles enseignent, peuvent légitimement et
de fait mener à autre chose que l'enseignement et la recherche. Mais
pour toutes les autres Universités, nous suggérons un retour et un
recentrage sur les fonctions traditionnelles. Cela présentera, entre
autres, l'avantage d'être plus efficace et de diminuer le nombre de
candidats au concours, si bien que les épreuves pourront changer de
nature et opérer une sélection moins théorique, plus pratique. Ainsi,
nous verrions d'autres professeurs, pédagogues en réalité, et non en
application de telles théories.
Mais que font alors ceux ne voulant ni l'enseignement ni la
recherche? Ils s'op:dn!dnt vers d'autres structures, que peut
d'ailleurs assurer l'Université, mais dans des sections bien séparées
(professeurs différents ou ne mobilisant pas les mêmes compétences, méthodes différentes...). Reste à déterminer en fonction du contexte
les grandes orientations de nos jeunes. En général, ils choisissent le
commerce, la vente, l'administration... Reste à savoir, du point de
vue de l'étudiant, si le métier qu'il souhaite embrasser a un rapport
profond ou non avec la recherche. Par exemple, le métier d'infographe
s'enseigne à l'Université. Par contre, celui d'interprète peut
s'apprendre hors de l'Université, avec un enseignement adapté,
spécifique à cet objectif. L'op:dntation en terminale aura ainsi eu un
rôle considérable. Ce cloisonnement, non physique mais davantage
intellectuel, permet à chaque organe de remplir une fonction, étant
plus efficace et la remplissant plus correctement.
Enfin, il est important de réhausser le niveau du bacalauréat
afin de permettre aux employeurs d'accepter avec confiance d'embaucher
des jeunes n'ayant pas fait d'études supérieures. Car certains postes,
comme vendeur ou représentant, ne demandent pas d'études. Alors
pourquoi exiger deux ans d'expérience dans le supérieur? Pour les
concours de l'administration, à niveau dit moyen voire faible,
certaines filières (qu'il appartiendra de créer) y prépareront. Le
plus important est que l'Université cesse sa diversification qui
devient en fin de compte surtout un éparpillement.
Nous terminerons ce premier point en évoquant le sort des
handicapés. Nous avons de1xm problèmes majeurs que nous ne savons pas
résoudre, car c'est un problème de mentalité. Tout d'abord, nout
généralisons trop les problèmes du handicap, dans le sens où l'on pense que tous les handicapés ont les mêmes problèmes et qu'il faut
tout considérer en un seul bloc. Ensuite, au nom d'un idéal
républicain consistant à supposer que chacun est égal en droit, on en
vient à tenter des intégrations impossibles, du fait de la lourdeur de
certains handicap, ou, plus précisément, du type exact et des
invalidités issues de certaines pathologies. Mais pour ne pas être
considéré comme nazi partisan du sur-homme, précisons ces points,
concrétisons-les.
Tout d'abord, il est certains handicaps qui sont surmontables
et qui ne nécessitent pas la scolarisation des enfants en milieu
spécialisé. Par exemple, le handicap visuel ou moteur ne nécessite pas
une scolarisation en centre spécialisé. Pour être plus rigoureux, il
faut distinguer les handicapés à la naissance et ceux l'étant devenus
à l'adolescence ou durant l'enfance. Les enfants nés handicapés
visuels pourraient suivre une scolarité en milieu normal, mais dns
une structure séparée des autres élèves, car il faut bien qu'ils
apprennent à lire et écrire dans leur écriture. De même pour les
élèves sourds et mal-entendants. Mais dès la sixième, au terme d'un
processus progressif et maîtrisé, les enfants pourraient retrouver un
cycle normal mélangé aux autres. Reste alors aux collèges,
lycées... de s'adapter à eux, et aux enfants de leur faciliter la
tâche. Pour cela, il convient d'inclure dans la formation des
enseignants un module handicap, afin qu'ils puissent connaître les
handicaps, pour ne pas en avoir peur, et gérer les difficultés. Rien n'empêche par ailleurs de créer des structures, à véchelle académique,
mais disposant de moyens humains importants, permettant d'une part
d'adapter les documents aux handicapés visuels, d'autre part de
conseiller les professeurs. De telles structures peuvent, en se
consacrant aux handicapés intégrés, être très efficaces. Elles
existent, mais manquent de moyens. Pour l'apprentissage de nrtions
comme la locomotion ou les gestes quotidiens, cela doit se faire
durant toute l'école primaire dans un cdre adapté. En sixième,
l'enfant n'a besoin que de perfectionnements ponctuels que peut lui
apporter l'aide régionale ou académique.
Nous irions à dire que pour les handicapés moteur, le problème
ne se pose pas, à condition que les collèges, au moins un par
académie, ou un par grande ville, soit adapté dans ses structures
(ascenseurs, couloirs larges...). De préférence, l'expérience
recommande de privilégier les collèges à environnement facile, en y
facilisant l'accès pour les handicapés. Malheureusement, sans moyens
humains, il faut bien admettre que les handicapés ne peuvent
s'épanouir dans les zones 4éducation prio!itaires, et sont des
victimes trop faciles. Bien que nous essayons e remédie à cela, il
faudra b,en composer avec ce phénomène en attendant mieux.
En ce qui concerne les adaptations des examens (brevet, bacalauréat,
examens à l'Université, concours...), nous ne comprenons pas que tous
les handicapés aient droit aux mêmes adaptations. Prenons l'exemple du
tiers-temps. Il s'agit d'une disposition accordant au candidat handicapé un tiers du temps normal, en plus de celui des autres
candidats. Ainsi, un handicapé a quatre heures pour faire une épreuve
que les élèves valides doivent faire en trois heures. Si nous
l'admettons pour les handicapés visuep, dont la lecture est plus
longue, les manipulations de feuilles nombreuses en braille... peut
faire perdre du temps, nous ne comprenons pas en quoi elle est
nécessaire pour les handicapés autitifs. Car, en quoi leur handicap
les ralentit-il dns leur vitesse de composition? On comprend la
contrainte matérielle aussi pour les handicapés moteur, mais pas
pour les autres handicaps.
En fait, il faut pousser à l'intégration à partir du
collège. C'est pourquoi nous suggérons la suppression des classes de
la sixième à la terminale des centres spécialisés. Nous y constatons
un cloisonnement des élèves, un niveau souvent inférieur aux élèves
valides, de graves lacunes dans l'orientation, aboutissant à des
drames: des gens sont dépendants et deviennent une charge pour la
société alors qu'une meilleure scolarité (intégration progressive
puis intégration totale en cycle normal) aurait pu les rendre très
importants, apportant une richesse inestimable. C'est pour obliger
les parents à surmonter leur peur quil faut les contraindre à inscrire
leurs enfants handicapés en collège normal, en promettant évidemment
qu'il aura les mêmes droits et capacités matérielles que les autres,
grâce aux adaptations consenties. Les centres spécialisés constituent
un refuge rassurant mais ne donnent pas toujours des résultats probants. Rien n'empêche par contre les centres de devenir les
structures académiques d'aide aux établissements accueillant des
élèves handicapés. Pour ce qui concerne les handicapés qui le sont
devenus durant leur enfance, il faut être flexible, et accepter quil
perde un an dans un centre, pour apprendre à vivre avec son nouvel
environnement (braille et adaptations pour les aveugles,
fauteuil... pour les handicapés moteur). Au terme de cette année, il
pourra reprendre le rythme normal, avec lequel il aura guère de
difficuqés puisqu'il vaura toujours connu.
Mais qu'en est-il des autres élèves (handicapés mentaux,
polyhandicapés...)? Si le handicap n'est que sensoriel, les structures
doivent permettre à la personne d'évoluer normalement, la technologie
étant aujourd'hui un atout conséquent. Par contre, les déficients
mentaux, au risque de choquer, ne peuvent pas, par nature, être
intégrés dns un cycle normal. Il leur faut une formation adaptée au
sein de centres spécialisés. Les méthodes y seront plus adéquates, et
on cherchera des objectifs proportionnels à ce que leur handicap
autorise. Ils pourront toujours travailler dans des structures
adaptées. Vouloir intégrer de tels enfants met en échec le système, et
eux-mêmes qui ne peuvent suivre. Au contraire, la mise en centre leur
permet d'être en situation de réussite et de progresser.
Reste deux cas à part: les enfants malades et surdoués. Il
convient d'aménager, en ayant recours si besoin au milieu associatif,
des structures permettant une scolarité normale mais adapée à la maladie des enfants, si elle les maintient à l'hôpital, du fa,t de la
lourdeur des soins ou de ses conséquences. En essayant toujours
d'aller vers l'intégration, si on ne le peut, il faut les maintenir
dans des conditions d'apprentissage adaptées. Ce quil faut absolument
éviter, aussi bien chez les handicapés mentaux que les enfants
malades, c'est de les laisser dans leurs problèmes sans contact avec
l'école. Même minime, un tel contact leur permet l'épanouissement,
l'impression de réussite et les fait progresser, les aide à vaincre
leurs difficultés.
Quant aux élèves surdoués, ils constituent un problème dont
nous pensons que la flexibilité de notre système peut amoindrir les
conséquences. Si ce qui leur est enseigné ne leur suffit pas, il
peuvent ajouter des disciplines et augmenter la difficulté. S'ils
choisissent de s'épanouir hors du cdre de l'école, ils peuvent le
faire, puisqu'en classe, ils y passeraient moiqs de temps
qu'aujourd'hui, puisque les programmes seront allégés. Le temps libre
gagné, utilisé pour des approfondissements ou des cours optionnels
en temps normal, servira à ces enfants pour faire des choses plus
complexes, plus adaptées à leur capacité, leur permettant de se sentir
bien. Nous pensons qu'une solution existe, différente des centres
spécialisés. Une autre piste est peut-être de créer, dans certains
collèges, une classe de surdoués où l'enseignement serait
différent. Afin d'alléger la charge financière pour chaque collège,
nous suggérons un collège adapé aux handicapés et un avec une classe pour surdoués, un par académie ou par grande ville. Nous maintenons
ainsi un cadre adapté au sein d'une structure normale, si bien que,
malgré un enseignement adapté, ils sont confrontés à la vie réelle,
quils connaitront nécessairement plus tard.
Nous entendons déjà les libéraux nous reprocher le coût
faramineux des structures, autant d'adaptation pour les handicapés que
d'adaptation aux niveaux. Nous ne contestons pas cela. Nous répondons
simplement que nous préférons investir dans vécole, ciment de la
société, plutôt que dans d'autres domaines. Nous reviendrons plus
loin sur le financement du pays, et donc de ses mesures.
Ainsi, le collège fournit les fondamentaux, le lycée
spécialise l'étudiant et lui donne les bases là où il se sent à
l'aise, puis il apprend un métier (enseignant à l'Université, autre
dans d'autres écoles ou instituts). Chacun peut réussir, au sens où,
avec de l'information et de la rationalité, chacun peut prendre la
place qu'il juge la meilleure en fonction de ses possibilités au sein
du corps social. Les handicapés ne sont pas exclus mais évoluent dns
le cadre que leur autorise leur handicap. Mais on ne doit pas
cloisonner les handicapés à certains métiers. S'ils veulent faire
quelque chose, il faut essayer d'y parvenir et voir dans quelle mesure
cela est possible. D'où la nécessité de liberté et
d'expérimentation. L'essentiel est que chacun ait la même base de
connaissances fondamentales et les mêmes chances d'atteindre le plus
haut niveau s'il le peut, du point de vue intellectuel. Le collège couvre la majeure partie de l'adolescence, donc l'allègement des
programmes permettra, outre une meilleure assimilation, davantage de
suivi, ce qui est important. Les éçves en sortiront avec une idée de
ce quils aiment, sans nécessairement avoir des objectifs précis. Mais
en troisième, un élève saura s'il veut faire des études longues,
courtes, techniques ou "spirituelles". Il aura alors le choix.
Toutefois, toutes ces mesures nécessitent l'acceptation de
tous. Notre société a un passé qu'il faut prendre en compte dans l'application des mesures. Pour les opérer, il faut aussi agir, responsabiliser la population. Mais pour cela, il faut leur donner de
l'espoir et leur donner le sentiment que leurs dirigeants sont efficaces.
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